Historique

Lanas était une paroisse de la commune de Saint Maurice-et-Lanas jusqu’au 5 juin 1845, date à Louis-Philippe signe la loi 12-771, article 413, érigeant Saint Maurice en commune distincte. La limite entre les 2 communes fût fixée le long du cours de l’Ardèche, faisant de Lanas la seule commune du canton de Villeneuve de Berg sur la rive droite de cette rivière. La première mention relative à Lanas date de 1154, lorsque Guillaume, évêque de Viviers de 1147 à 1165, fait donation de la chapelle Sainte Eustache à l’abbaye Saint André le Haut de Vienne. Lanas, qui appartient aux seigneurs des Chazeaux de 1247 à 1423 apparaît dans les vassalités des familles de Vogüe et de Balazuc. Ces derniers, issus de Montréal, en reçurent l’apanage qu’ils conserveront jusqu’à la mort du dernier seigneur de Balazuc, tué au début de la révolution, en 1792.

Lanas, comme bien d’autres villages ardéchois, fut durement touché par les guerres de religion : le village fut rançonné en mars 2013 par les protestants. Plus tard, des conflits moins sanglants opposèrent ses habitants à ceux de Lachapelle et de Saint Maurice au sujet de l’exploitation des « buissières » du plateau des Gras. Pendant dix ans les contestations se répétèrent, jusqu’à ce que le conseil municipal décide en 1819 de « partager le terrain par tête d’habitants autres que les domestiques étrangers », ce qui fut fait en 1822, étant précisé qu’aucun des bénéficiaires ne pourrait « vendre le lot qui lui écherra à des particuliers d’autres communes ». Les buissières ainsi partagées s’étendent sur le site de l’aérodrome et du C.F.A.

Autre problème : la création d’une route permettant de désenclaver Lanas en le reliant au pont suspendu de Vogüe. Cette route était essentielle pour Lanas… mais les propriétaires vogüeens, y compris le maire de Vogüe ! manquèrent totalement de coopération et il fallut treize ans de procédure, de 1851 à 1864, et 33 expropriations pour pouvoir utiliser les 1 268 mètres de parcours en territoire vogüeen !

La commune s’étend sur près de 1 000 hectares et comptait 325 habitants au recensement de 1999. Elle eu longtemps une vocation agricole. Ainsi, en 1852, on comptait 110 propriétaires et 3 métayers qui utilisaient pour leur travaux 70 mulets, et 3 ânes ainsi que 39 charrues, et exploitaient 42 ha de céréales, 37 de vigne, 10 de légumes et 10 000 mûriers permettant de récolter 7 500 kg de cocons. Il ne reste aujourd’hui que 3 exploitations, toutes trois consacrées à la vigne.